Communiqué de presse  Cologne, le 07 mars 2016

Manifestation contre le racisme et le séxisme

La coalition pour la manifestation revendique le changement conséquent et approprié du droit pénal en matière sexuelle

(07 mars 2016, Cologne) Ces dernières semaines, une vaste et forte coalition d’organisations indépendantes de femmes* migrantes et non-migrantes, d’initiatives féministes et de groupes antifascistes, anticapitalistes et antiracistes de Cologne et de Rhénanie-du-Nord-Westphalie s’est créée pour organiser une manifestation à l’échelle nationale à l’occasion de la journée mondiale des femmes* le 12 mars 2016 à Cologne. A voix haute, avec plein de couleurs et en toute sa diversité, la campagne intitulée „Notre féminisme est antiraciste – Reclaim Feminism!“ emmenera les thématiques et exigences des participant*es dans la rue: de la revendication de ratifier la convention d’Istanbul à la lutte contre la récupération politique des thématiques féministes pour des incitations racistes. Les préparations battent leur plein. La manifestation sera accompagnée d’un grand nombre de discours et de diverses actions qui accompagneront le cortège et d’un concert d’une rappeuse berlinoise Sookee. Selon les organisateur*trice*s, l’arrivée de grands groupes de manifestants venant de Aix-la-Chapelle, Berlin, Francfort, Dortmund, Essen, Karlsruhe et Hamburg a déjà été annoncée. 3.000 à 5.000 participant*es sont attendu*es.

Après les évènements de la nuit du Nouvel An, la manifestation se veut un symbole fort contre le sexisme et le racisme à l’occasion de la journée mondiale des femmes*. Les organisatrice*teurs se positionnent clairement contre les incitations racistes, contre une politique qui rend la loi d’asyle de plus en plus restrictive, et contre la violence généralisée et croissante qui affecte davantage les réfugié*es, les hommes musulmans et les allemand*es of Color[i] après cette nuit du Nouvel An en Allemagne.

En 2016, la violence sexualisée contre les femmes, lesbiennes, personnes trans* et inter (FLTI*)[ii] (of Colour) doit rester une priorité.

La coalition pour la manifestation demande la ratification de la convention d’Istamboul qui pénalise tout « acte sexuel non-consensuel ». A défaut, ministre fédéral de la justice Heiko Maas s’attarde à fermer les « lacunes « des lois existantes. Daniela Antons, une des attachées de presse de la coalition souligne: « La violence sexualisée représente une partie acceptée de la culture en Allemagne. Les chiffres le prouvent: 58 % des femmes* en Allemagne ont déjà vécu des harcèlement sexuels. Une femme* sur sept a vécu un acte de violence sexualisé qui relève du droit pénal. Seulement dans 5% des cas, une plainte a été déposée.[iii] Selon les chiffres publié en 2004 par le Ministère Fédéral de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse, 91% de tous les viols ont lieu dans l’entourage proche, commis par des membres de familles, des connaissances et des (ex-)partnaires.[iv] Pourtant, les allemand*es se font un image d’eux*elles-même qui dit: « Nous » sommes émancipé*es. Les discours médiatiques ainsi que les le droit pénal en matière de la violence sexualisé démontre au contraire une posture bien disposé à l’égard des aggresseurs. »

Les incidents de violence sexualisée dans des logements de réfugié*es à Cologne sont banalisés. Des expressions comme « prétendument“ »et « présumé » sont utilisé avec préférence dans les médias. Ainsi le discours médiatique prend parti des oppresseurs. Des diffamations des aggresseurs et de leurs employeurs devront être évitée à tout pris. Le manager de la Adler-Wache, Bernhard Deschamps et la chef de service social Gabriele Klug du parti Bündnis 90/Grüne étaient unanimes: les reproches n’avaient pas de fondements. Entretemps des plaintes ont été déposé dans deux cas. [v]

Les condamnation sont toutefois rares. D’après une étude de 2014, le taux de condamnation pour un viol est sur un niveau le plus bas, celui de 8,4%[vi]. Ellahe Sadr de l’association Agisra souligne: « La seule pénétration du corps d’une autre personne contre sa volonté explicite n’est pas pénalisé en Allemagne. S’il n’y a pas de violence immédiate de la part de l’aggresseur, la personne doit prouver qu’elle s’est défendu de manière « suffisante » en criant, boxant ou en donnant des coups de pied. Si la personne ne s’est pas défendu, elle doit avoir été menacée juste avant l’acte ou elle doit avoir été dans une position « sans défence ». Beaucoup de cas ne sont pas couvert par ces définitions ancré dans la loi – par exemple quand la menacea eu lieu plus tôt ou la personne a tellement peur qu’une menace n’est même pas necessaire. Dans la situation d’un viol, beaucoup de femmes* expériencent une rigidité dûe au choc ou elles ne se défendent pas pour que la situation passe le plus vite possible. » Le soutien solidaire au niveau psycho-social mise en place par des organisations autonomes de femmes* est indispensable pour celles qui prennent le chemin dure et re-traumatisant de d’une plainte et de l’action judiciare.

Par ailleurs, Ellahe Sadr doute de l’intention de la couverture médiatique après la nuit du Nouvel An et de son but de thématiser les droits des femmes*: « Sinon tous ces droits sexistes devraient être dénoncés et changés. A défaut, la mise en scène raciste de la couverture médiatique a servi de mettre le focus exclusivement sur l’origine des aggresseurs et de faire adopter le „paquet II“ des droits d’(anti-)asyIe le plus vite possible. Depuis longtemps, les demandes des organisations autonomes de migrant*es n’ont ni été entendues dans la société ni ont-elles été prise en compte. Le fait que le paquet II des droits d’asyle augmente davantage la vulnérabilité et le manque de protection de réfugiées* n’est pas pris en compte dans les débats publiques. »

 

_____

Coalition pour la manifestion à l’échelle nationale à l’occasion de la journée mondiale des femmes* 2016 à Cologne

 

 

 

[i]               Person of Color (pluriel: People of Color, PoC) est un terme qui désigne des personnes qui sont regardé*es dans la société majoritaire comme non-blanc et qui sont affecté*es par des formes quitidiennes et structurelles de racisme à cause des attributions ethniques et/ou racistes. Le terme People of Color dérive du terme „free people of color utilisé pendant la periode coloniale. En Allemagne le terme a été établie seulement dans un contexte académique et en tant que auto-identification. Dans les années précédentes de divers initiatives de personnes affecté par le racisme ont commencé à utiliser le terme en tant que auto-identification pour ainsi proposer une alternative aux attributions du discours allemand commes „migrant*es“ et pour réagier à l’exclusion permanente. (Source: www.mut-gegen-rechte-gewalt.de)

[ii]              FLTI* représente des femmes, des lesbiennes, des personnes Trans*- et Inter. Trans* = terme collectif relativement nouveau qui et de plus en plus repandu en allemand qui suit le modèle des outils de recherche en ligne et du langage informatique en utilisant l’étoile (Asterisk) au lieu de divers terminaisons (transgender, transident, transsexuel). Cette ouverture est censée indiquer la diversité d’identités sexuelles, d’auto-définitions et de projets de vie qui sont transgender ou liés à d’autres identités non-conforme à la norme, c’est à dire elles incluent crossdressing, ni*ni* entre autres (source: www.transinterqueer.org). Inter*, un terme collectif émancipateur qui vient de la communauté Inter* et désigne la diversité des réalités sexuelles et physiologiques de personnes Inter*. (voir Trans*)

[iii]              La coalition rappele et critique le fait que les statistiques du BMFSFJ ne prennent pas en compte les risques et expériences de violence spécifiques aux lesbiennes et personne Trans* et Inter* qui sont ainsi rendu invisible.

[iv]              Müller und Schröttle (2004): Lebenssituation, Sicherheit und Gesundheit von Frauen in Deutschland, Langfassung der Untersuchung. Herausgegeben vom Bundesministerium für Familie, Senioren, Frauen und Jugend, S. 78.

[v]              Source pour: http://www.focus.de/regional/koeln/koelner-polizei-ermittelt-fluechtlingsfrauen-werfen-sicherheitsdienst-sexuelle-uebergriffe-vor_id_5294223.html; http://www.taz.de/!5276933/

[vi]              ZEIT ONLINE (2014) http://www.zeit.de/gesellschaft/zeitgeschehen/2014-04/studie-vergewaltigung-anzeige-verurteilung

 

 

Calendrier

Conférence de presse:

Les representant*es des médias seront les bienvenu*es à la conférence de presse le 12 mars à 11:00 heures. L’endroit sera communiqué sous peu. Il y aura un dossier détaillé sur les fondements et contextes des positions de la coalition. Prière de s’inscrire jusqu’au 11 mars auprès de presse.demobuendnis1203@riseup.net.

 

 

 

Communiqué de presse (07.03.2016) – francais –